LE JOURNAL D’UN SIGNET de Thierry Fresne

Le Vampire Actif sort de son (trop) long sommeil.

Son nouvel ouvrage, Le Journal d’un signet, a été publié le 4 novembre et présenté au Salon l’Autre Livre qui s’est tenu aux Blancs Manteaux (75004 Paris) les 8,9,10 et 11 novembre derniers en présence de l’auteur. De belles rencontres et de nombreuses dédicaces ont été réalisées à cette occasion.

LE JOURNAL D’UN SIGNET NOUVEAUTÉ

Les rêveries et aventures pittoresques d’un marque-page

“Ce journal, a pour auteur l’un des compagnons de nos lectures que sont les marque-pages. Acquis à la fin du siècle dernier par l’élégante et douce Flore lors d’une visite au musée Gustave Moreau, notre signet va connaître les enchantements propres à son statut privilégié d’accompagnateur intime de la vie d’une esthète, mais aussi les tribulations baroques et les états d’âme d’un sujet soumis à la volonté de sa Liseuse.
Entre regret de l’incommunicabilité et complicité silencieuse, ce récit singulier est avant tout un formidable éloge de la lecture.”

Extraits

8 mars

Les mains de Flore – c’est le nom de ma Liseuse – ont la douceur d’un gant de chevreau. Elle ne tourne pas les pages, elle les caresse de la pulpe de son majeur, imprégnant chacune de son parfum. Je me surprends à respirer celles-ci comme l’amant les lettres de l’amante pour en traquer le moindre effluve qui les signe.

Rue Elzévir, 8 juin

Il y a, dans le fond, pour les signets trois sortes de vies très différenciées. La première est celle d’un grabataire qu’on extrait de sa couche de temps en temps pour l’y reposer aussitôt comme un infirme condamné à ne partager que de rares et brefs moments de l’existence de son entourage. La deuxième est de complice, résigné ou révolté suivant son tempérament, d’une routine  de lecture petite-bourgeoise faite de curiosité limitée, d’incursions frileuses et de plaisirs frelatés. La dernière est de partenaire du mouvement, de compagnon de cordée des hautes ascensions, de coéquipier des grandes aventures. Il n’est pas un jour où je ne rende grâce à Flore de nos équipées hors de la petite médiocrité qui gagne les êtres insoucieux de s’en défendre. L’altitude n’est pas un don, elle est une conquête incessante de la vigilance.

2 novembre

Toujours dans l’ordre de mon incurable névrose relative à l’abandon, j’ai une peur panique de servir à Flore, un beau jour, d’aide-mémoire. Il suffirait qu’une page lui plaise au point de vouloir en conserver pour toujours l’accès sans en faire la recherche fastidieuse et me voilà converti en concierge de morceau choisi. Promettez-moi, Flore, que je ne finirai pas dans cet emploi que pourrait tout aussi bien tenir un post-it ou le ticket de caisse de votre librairie.

12 juin

Je me demande souvent ce que je ferais si j’étais libre. C’est bien beau de geindre sur ma vie de dépendance mais encore faut-il être capable d’en concevoir une autre. [...] Si j’étais libre, je choisirais ma résidence au sein des œuvres, non point en fonction de l’endroit où débutent et s’achèvent les lectures de Flore mais à l’épicentre de la commotion qu’elles procurent. Quelle satisfaction peut-il y avoir à rester encalminé dans les eaux dormantes d’une fin de chapitre atone quand la tempête a soufflé en son milieu ? Trop souvent, je n’ai droit qu’à quelques lignes sur une page tel un ciel de traîne en fin d’orage.

ISBN : 978-2-917094-20-4

EAN : 9782917094204

192 pages

Prix : 15€

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Hugues BEESAU

Les Erables, Allée 22

24, rue de montribloud

60160 TASSIN LA DEMI LUNE

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