LA VIEILLE AU BUISSON DE ROSES, Lionel-Édouard Martin

Paru le 11 octobre 2010

La Vieille au buisson de roses, 1ère de couverture
ISBN : 978-2-917094-03-7
EAN : 9782917094037
204 pages
Prix : 15€

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L’auteur : Après des études littéraires sanctionnées par une agrégation de lettres modernes, sa carrière le mène à la diplomatie culturelle et à l’enseignement supérieur. Spécialiste de didactique du français langue étrangère, il a effectué de nombreux et longs séjours hors de France (Maroc, Allemagne, Caraïbe…), qui ont nourri son écriture. Sa poésie interroge, sous l’angle de leurs rapports avec le corps et le langage, les mondes parcourus, les choses vues : thématique qui, sous forme de textes courts, elliptiques, se prolonge et s’amplifie dans son œuvre narrative, fortement empreinte d’éléments biographiques. Les éditions Arléa, qui publient régulièrement Lionel-Édouard Martin depuis plusieurs années, ont fait paraître en mars 2010, Vers la Muette, un roman où il réussit de manière tout à fait originale à transformer le langage en un protagoniste à part entière et Le Tremblement, un récit qui évoque le trauma du séisme haïtien qu’il a vécu le 12 janvier dernier. Par le biais d’une écriture bouleversante qui va au-delà du simple témoignage, il construit une parole empreinte de clairvoyance, d’empathie et d’humanisme sur la renaissance des corps, sur le ren-chairissement des disparus et la manière dont ceux-ci nourrissent et font se relever les vivants. La critique a souvent rapproché l’écriture de Lionel-Édouard Martin de celle de Pierre Michon par exemple. Elle peut aussi faire songer, certaines autres fois, à celle d’un Giono, d’un Ramuz, d’un Roud mais aussi à celle d’un Flaubert dans ce qu’elle possède de singulier, musical et maîtrisé.

Quatrième de couverture :

Dans un monde où le temps semble s’être mis au ralenti, une vieille originale, un chien parleur et un marquis extravagant se trouvent, par un curieux hasard, assemblés en une folle trinité. Trois solitudes qui, sans le savoir, se cousent les unes aux autres par l’entremise des langues qui les traversent, les pétrissent et les sacralisent malgré elles et qui empruntent des voies/voix surprenantes dans une recherche de l’autre à l’issue tout à fait inattendue… Au carrefour de plusieurs genres, La Vieille au buisson de roses orchestre la douloureuse quête existentielle de ses personnages, tout en articulant un jeu de piste littéraire jubilatoire où le lecteur, à l’aide d’un langage généreux, est mis en portée dans une musique, une pulsation du verbe lui permettant de savourer cette idée que « la littérature se fait dans la bouche », pour reprendre une formule chère à l’auteur ; littérature qui, dans ce texte, se mue en une invitation au voyage dans l’insolite champ/chant des mots/maux. La Vieille au buisson de roses ouvre une porte d’accès à l’œuvre et à l’univers d’un écrivain qui, dans chacune de ses publications, confirme sa singularité

Morceaux choisis… :

” Il faut imaginer l’ahan puissant de la rose, à l’instant qu’elle déferle sous la poussée conjointe de la brise et des mots. Voici : perdant tout à coup retenue, ouverte et nue, béante, ménade ! rompant avec la tenue, creusant sa bouche en avalant ses lèvres, et don de l’une et de l’autre, et toutes lèvres qui s’envolent – alors que jouit la fleur d’embardées convulsives – et qui vrillent, tombant, que le chien les scrute comme il verrait, la manne, des bouts de viande tomber des nues ! ” (p.101-102)

“On a froid, sous ces ramures à peine bourgeonnantes, tout est gorgé d’eau ; sous la terre, doivent ramper des ruisseaux dépourvus d’yeux et de reflets, tout au plus chichement peuplés de bêtes aveugles, crevettes de source, mollusques : et c’est ça qui sans doute fait racines, parce que ces bois semblent morts, immobiles, on n’entend rien. La vieille s’arrête parfois pour humer quelque chose : le chien, qui la précède, s’en rend compte, fait demi-tour, lui octroie sa présence, se frotte à ses jambes. Ils sont là, tous deux, comme une espèce de double vie bancroche dans l’humidité. Crus, tous deux, dans cette bouche végétale, mais la manducation ne touche que le sommet des arbres : plus bas, contre terre, ça suce, laisse fondre. La vieille et Diurc – deux bonbons dans cette bouche – à moins qu’hosties ? La vieille se voit déglutie par le sol, avec le chien, dans une grande mêlerie de leurs viandes ; pourtant : rien, ça procède, promenade mouillée, dure, sous les frondaisons, comme, à pas maigres, on va noyer des chatons dans une mare. Mais la vieille n’a pas de chat dans ses poches : juste, comme bête, Diurc qui court devant elle et revient la flairer, elle-même chemin, route, pour l’animal, avec des pissements à chacune des stations. Et le chemin fut long. C’est qu’on n’avait aucune perspective, que la vue était de tous côtés bornée par les taillis, qu’on ne voyait pas le ciel – des branches en voûtes, comme des mains fermées –, qu’on ne savait où l’on allait. Sans doute, aussi, le domaine était-il vaste, et devait s’étendre au loin sur des kilomètres : et avait-on pris seulement le bon itinéraire, celui qui menait tout bonnement au château ? Car château, bien sûr, il y avait, perdu dans ces bois, forcément un château posé dans ces bois, avec un noble, un duc, un baron, marquis ou comte – on s’y perdait –, pris dans les murs calcaires de la bâtisse comme l’huître ou la moule dans sa coquille, l’huître plutôt, supposément perlière ; et ça donne, cette tumeur de nacre, un léger défaut de prononciation, fait un tantinet zozoter le monsieur : car comment penser qu’il parle le langage ordinaire, qu’il n’a pas, dans sa bouche, le petit quelque chose qui le distingue d’autrui, du vulgaire qui vit dans la maison banale, et parle comme on parle ? Pas que le sang, bleu supposément, qui fait saigner une espèce de rupture parmi les autres hommes au sang rouge comme celui des bêtes, la volaille en premier : mais aussi la langue, qui doit être bleue comme est noir le gosier des chiens de race ; et la langue bleue, ce n’est pas une couleur, mais une manière de parler, comme moi je cause avec mes cheu cheu, mes yeu yeu.” (p.171-173)

 

Librairies partenaires :
les très indépendantes et dynamiques Coquillettes, 6 place Fernand Rey 69001 LYON, l’antre fabuleux d’Ouvrir l’Oeil
au 18 rue des Capucins 69001 LYON et celui de Terre des livres 86, rue de Marseille 69007 LYON, la chaleureuse librairie Vivement Dimanche 4 rue du Chariot d’Or à la Croix-Rousse, toujours à LYON !

Un ouvrage soutenu par Artis Mirabilis.

On peut, concernant l’ouvrage, lire un article de Penvins sur Exigence-Littérature ici.
Le texte a été chroniqué également :
- dans le blog “La taverne du Doge Loredan”,
- sur  La Marche aux pages par Frédéric Fiolof.
- sur l’Anagnoste par Marc Villemain.
- sur “Reflets du temps” par Martine Lamouché Petauton en se rendant ici.
- dans l’émission Paludes de Radio Campus Lille : Nikola Delescluse nous en offre une lecture d’une grande intelligence

- dans le site littéraire La Ruelle Bleue

- dans un bel article intitulé “La Vieille aux mots dormants” sur le blog Le Souk de Moustafette
- chez Guillaume Vissac, dans  “Fuir est une pulsion“. Un article relayé sur Culturopoing.
- par l’écrivain Jacques Josse sur remue.net.
- par Angèle Paoli sur Terres de Femmes.
- par Claire Laloyaux sur le site de l’auteur.
- par Anne Bolenne sur Babelio.

A noter aussi, un très bel entretien entre Anne-Françoise Kavauvea et l’auteur à propos de La Vieille au buisson de roses et de la création littéraire. Une magistrale leçon de littérature. A lire sur son blog De seuil en seuil.

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